21 juin 2014- Opération saucisson sur les sucs
Le troisième week end de juin est un des rendez vous les plus importants de ma saison cycliste. C’est en effet le week end de l’ardéchoise et ma présence y est indispensable afin de maintenir la stabilité de mon état mental (tout commentaire à ce sujet sera supprimé par l’administrateur du blog
).
D’un point de vue cycliste, les premières années où je participais l’ardéchoise était l’objectif majeur de la saison me servant à me motiver dans les 6 premiers mois de l’année. Cette année c’est à la fois une sortie de préparation au TryRhéna, un petit 200 avec 4500m de Dn est toujours bon à prendre, et une sortie de décrassage après le 600 de la semaine dernière.
D’un point de vue mental cette sortie est indispensable pour y retrouver la bande de cinglés du forum dans notre camp de base du camping de St victor.
Cela sera donc un week end prolongé du vendredi, pour descendre en ardèche, au lundi pour en remonter car je profite du déplacement pour aller voir ma sœur le dimanche dans la partie sud du département.
Vendredi sur la route et direction St felicien où je vais direct pour récupérer mon paquetage. Cette année encore je ne trouverai pas la grotte où se cache Fredo (membre éminent de l’organisation s’occupant notamment de l’informatique donc un peu un collègue) , malgré mes demandes à quelques bénévoles, et comme il n’est pas non plus présent à son annexe j’ai cru sur le moment que je ne pourrais pas encore lui dire bonjour.
Le paquetage récupéré direction le camping mais je ne vais pas trouver de suite la caravane car valex l’a caché dans un coin que je ne connaissais pas
. Mais attiré par l’odeur de bière j’ai quand même trouvé.
Après ce long voyage épuisant j’ai essayé de faire installer ma tente par cricri et me réhydrater pendant ce temps mais allez faire bosser une feignasse pareille.
Cette année le groupe est renforcé de quelques membres de la Team Mont Ventoux. Franco, (qui sera de la ballade de cet été) pour donner son avis d’expert italien concernant la cuisson des pates et Thomas pour apporter sa science de gestion de l’effort (lorsqu’il a commencé à se mettre au sport il a commencé par un triathlon version ironman). Pour relever le niveau Pierre est venu Valérie qui va effectuer sa première ardéchoise s’étant mis récemment au vélo.
Pas de photo de ma part sur la soirée du vendredi mais vous pourrez en trouver sur d’autres cr.
Réveil échelonné le samedi matin car Thomas n’a pas de dossard prioritaire et comme il se lance sur l’AVM (plus grand parcours en un jour avec 270km et des poussières) il va se positionner sur la ligne très tôt. Du coup cela a un peu réveillé les troupes je vais être obligé de me lever plus tôt que prévu.
Pour une fois je vais manger un peu et ne pas me contenter d’un café histoire de mettre de l’essence dans le moteur.
Ca se prépare.
Le dos de nainvert et Franco
Nainvert de face.
Et c’est parti direction St Felicien avec Valex, Franco et Nainvert. Les autres étant partis avant ou partant un peu plus tard sur des parcours plus légers.
Valex a toujours des problèmes articulaires n'arrivant pas à plier les doigts.
Valex et le nain vont dans le sas des élites et des VIP compte tenu de leur dossard prioritaires (il faut un justificatif sportif ou être déguisé pour y avoir droit) et je vais dans le sas des semi prioritaires. Je pensais que Franco me suivait mais en y arrivant il ne sera plus derrière.
Une ½ d’attente environ.
Les libellules nous surveillent.
Le programme de cette année sera le parcours des Sucs, soit 235km et un peu plus de 4000m de Dn, auquel il faudra rajouter l’aller retour au camping. Après le parcours de l’ardéchoise l’année dernière je bouclerai ainsi l’AVM.
Au niveau forme j’espère que cela ira car l’équipage du jour n’a pas fait de 200 depuis fin avril. Pour moi cela devrait aller si le 600 n’a pas laissé de traces. J’avais déjà enchainé ce 600 et l’ardéchoise en 2010 (en en ressentant les effets) et 2011 (en étant en pleine forme) donc cette année on verra. Par contre pour le caillou je ne sais pas ce qu’il va donner car ce sont des distances inhabituelles sur un nouveau relief pour lui qui est un peu jeune.
Robert Marchand s’élancera à 7h20 puis les premiers à 7h30 et je franchirai la ligne vers 7h35.
Ca commence par le col du Buisson avec du monde partout sur la route. Il faut doubler ceux qui vont moins vite tout en laissant la place aux avions de chasse qui veulent faire un temps ou un long parcours.
On va aller la haut.
Le caillou est comme un chien fou et il double tout ce qu’il peut. Le pb c’est que pour doubler il met des à coups alors que son moteur n’est pas chaud. Au milieu de la montée je vais être obligé de mettre le hola et de le calmer car il me fait monter à près de 170 pulsations. Il ne connait absolument pas le terrain et s’il continue à ce rythme il va couler une bielle et je vais avoir du mal à le ramener à l’écurie.
En plus la journée s’annonce bien ensoleillée et ici cela peut devenir vite très chaud.
La presse est là.
Je vais rattraper nainvert environ à un kilomètre du sommet et je me ferai reprendre par Franco juste après.
Un peu de plat, plutôt du faux car le plat est mal fait dans cette région, puis la première descente que je n’aime pas trop. Cela commence par de longues lignes droites où on prend rapidement de la vitesse et où il faut faire très attention au niveau hétérogène des participants. Sur les parcours montagneux, ou moyen montagneux ici, je n’aime pas trop la première descente car il faut que je retrouve mes repères et sur celle-ci j’ai peur de prendre de la vitesse dans les longues lignes droites. La deuxième partie est plus sinueuse et plus technique et elle me plait d’avantage.
Après Lamastre je vais revenir sur Cricri parti avant moi dans le sas de l’AVM. Au moment où il s’était inscrit il pensait pouvoir s’y lancer mais il a revu ses objectifs à la baisse ne pouvant passer la barrière horaire au gerbier des joncs. Du coup je suis obligé de le rattraper in extremis à la première bifurcation car il allait s’engager sur le parcours du Doux.
Je profite de mon assistant pour vous montrer comment je suis beau sur un vélo.
Les premiers faux plat du col de Nonière arrivent et un groupe nous passant Cricri prend les roues et comme d’hab je ne peux pas suivre. Je laisse Cricri partir et cela ne m’étonne pas trop car il est en forme cette année et sur le 400 de Grenoble j’ai bien vu que je n’arrivais plus à le suivre.
Et va savoir pourquoi environ 1 km plus loin n groupe me passe roulant en gros à la même vitesse que ceux de tout à l’heure. On va revenir sur Cricri qui s’était fait sortir dans un faux plat plus prononcé. Je pense qu’il va prendre la roue et quand je me retournerai dans le col il n’y aura plus personne derrière.
Je vais me retrouver au sommet du col assez vite presque sans m’apercevoir qu’il y en avait un.
J’ai décidé de ne pas trop gérer mais je me méfie quand même du retour de bâton.
Au col j’attrape un gobelet à la volée puis j’attaque la descente prudemment sur le premier km car il y a du ressuage.
Après le cheylard je vais revenir sur la renarde partie dans le premier sas du à son classement de l’année dernière. On m’a avertit qu’elle vole en ce moment et qu’il sera dur de la suivre.
Si je l’ai quand même rattrapé c’est grâce aux 2 descentes et au terrain en faut plat qui sont ces points faibles.
On discute un peu et je vais la perdre en prenant la roue d’un gros groupe qui passait. A cet endroit c’est rare que j’arrive à accrocher les wagons car je suis toujours planté sur ces faux plats.
Du coup vous ne verrez pas de photos de village nous annonçant l’enfer. Je vais rester avec eux quasiment jusqu’à Sardiges ou cela commence à monter plus sérieusement pour aller la haut.
Le col de Mézilhac se montera tranquillement sur le triple en faisant tourner les jambes.
Au sommet je m’arrête pour la première opération saucisson de la journée.
Sur le parcours des Sucs il ne faut pas louper ce ravito car en partant sur cette boucle il n’y a pas grand-chose à manger et ensuite à la vitesse ou je roule les ravitos d’arcens et de St martin sont généralement dévalisés. Donc si je ne mange pas de saucisson ici je peux ne plus en revoir avant St agrève voir Rochepaule comme cela m’est arrivé une année.
Donc je prend quelques tranches et 2 bouts de pain en guise de sandwich. Je renouvellerai l’opération plusieurs fois avant de reprendre la route. C’est que d’habitude en partant sur les 200 j’ai un sandwich pour la mi parcours et là il me fallait bien quelque chose à me mettre sous la dent
.
Un peu plus loin après Lachamp je vois un grand gars au maillot bleu me doubler. Sur le coup je ne fais pas attention et je regarde son dossard.
Tiens c’est bizarre il a le même nom et prénom que Dom le grand ours du forum
.
Le temps de brancher le cerveau j’arrive à faire le lien entre la silhouette et le nom
. C’est bien lui. Du coup je lui cris un bonjour et comme on est sur du plat je pique un sprint pour revenir à sa hauteur. En fait je ne m’attendais pas à le voir ici car c’est un costaud jouant le podium de sa catégorie et à cet instant il devrait être loin devant en toute logique.
Mais en fait il a cassé sa roue arrière avant le cheylard et il a trouvé un gentil vélociste qui en avait une d’occas à sa taille. Le temps de tout remonter et tout régler il a perdu environ 45 minutes et le groupe dans lequel il était n’a pas attendu. Du coup il est seul dans la nature au milieu de bras cassés comme moi (sans parler de renarde et cricri juste derrière
) qui ne peuvent pas le relayer. D’ailleurs au bout de 500m je vais le laisser partir car ca va trop vite.
Nouvelle pause au Gerbier mais technique prolongée cette fois.
Je peux maintenant me lancer sur la boucle des Sucs pour en prendre plein les yeux. Et ici on peut être moins concentré sur les gens à doubler et ceux qui nous doublent car avec un vélo tous les 500m en moyenne le risque d’accrochage est limité.
On va aller comme cela jusqu’au bout de l’ardèche
. Je ne vais m’en apercevoir aux estables et afin de revenir en ardeche je reviendrai en arrière par une autre route.
En traversant les estables je double une bombasse de la Team Mont Ventoux
. Il me semble reconnaitre Renarde en passant alors que je la croyais plus derrière. Elle a du me passer pendant une de mes 2 pauses.
Retour en ardeche par le col de la croix de boutières globalement constitué d’une simple montée en ligne droite. Du coup je vois plein de monde devant moi.
En basculant au sommet c’est quasiment le moment le plus grandiose du parcours avec une superbe vue sur le massif du Mezenc. C’est tellement joli que je n’ai pas pris de photo pour vous le montrer.
En fait il aurait fallu que je m’arrête pour cela et j’avais pas envie. Et comme on bascule illico en descente avec une route un peu bosselée pas de photo en roulant.
Comme je suis quelqu’un de sympa je vais quand même vous le montrer mais vu d’en bas.
On est en effet arrivé de tout la haut.
Succession de petits cols et de faux plat et je vois que je rattrape quelqu’un depuis un moment. On dirait encore quelqu’un de la TeamMontVentoux (ils sont partout ceux là) mais je suis pas sur car il a un truc dans le dos. Plus je le rattrape et plus il ressemble à cricri qui avait effectivement son camelback dans le dos.
J’arriverai au ravito du col du vieillard quasiment en même temps que lui. C’est que je me suis dépêché car j’ai senti le saucisson. Il me croyait devant alors que je le croyais derrière.
Renarde nous rejoindra 2 minutes après et on repartira tous les 3.
Cette fois il va repartir un peu devant car il y a quelques faux plats et il semble y rouler plus vite que nous.
Mais il ne restera pas longtemps devant car on attaque une longue descente au milieu de nulle part avec une petit fossé de quelques centaines de mètre sur la droite. Je vais donc passer devant définitivement pour ce qui concerne cricri.
Alors qu’on était bien sur les crêtes à environ 1000m d’altitude plus on descend dans le trou plus il y fait chaud et en arrivant à Chanéac, vers 14h, on sent bien le soleil
.
Un verre d’eau à la volée au passage et je ne veux pas m’arrêter.
C’est parti pour le gros morceau de la journée.
Ca commence en forêt à l’ombre et il faut bien en profiter car seule la première partie est en forêt. C’est aussi dans cette première partie que sont présents les plus gros pourcentages autour de 9%.
Plus on monte plus l’ombre se fait rare et plus l’état des troupes présentes à l’air moins bien.
A la fin il ne subsiste que quelques points d’ombre avec souvent un cycliste y étant arrêté. En passant à côté de l’un deux le locataire du point d’ombre repart et en me doublant me demande.
-ca va ?
-Tais toi !
-Pardon (car il a pas entendu)
- Tais toi
!!
-Ok
Je dirai un « excuse-moi » un peu après mais il est déjà reparti. En gros à ce moment là je suis dans ma bulle et je n’ai vraiment pas envie que l’on me parle ni de parler. J’ai cru le revoir un peu plus loin à Borée pour m’excuser mais ce n’était pas lui.
En fait plus j’avance plus ca va moins bien et la surchauffe me guète. Je regarde les points d’ombre d’un air envieux en passant à coté mais je résiste pour ne pas m’y arrêter car je pense que j’aurai du mal à en repartir. C'estce qui arrivera à Cricri qui a fait une pause ombre.
J’arrive quand même à maintenir la vitesse aux alentours des 10km/h et j’attend impatiemment la fin car je sais que les pourcentages diminuent.
Je me verserai bien un bidon sur la tête mais je n’ai pas d’eau et uniquement des boissons énergétiques donc ca va pas le faire
.
A chaque fois que je passe ce col je me demande comment j’ai pu réussir à le monter sur une seule jambe la première fois. Une tendinite m’avait en effet rattrapé au pied avec impossibilité de me mettre en danseuse et d’appuyer sur la jambe droite sans un rappel à l’ordre par une violente douleur dans le genou droit.
Je compte les kilomètres mais j’ai un élément de motivation car je sais qu’il y a un point d’eau au village de Borée avec une fontaine dans laquelle je vais pouvoir prendre une douche ou un bain.
Je vais enfin y arriver et commencer par me verser l’équivalent d’un gros seau d’eau sur la tête pour commencer. Ensuite je vais commencer l’opération eau gazeuse en ingurgitant plusieurs verres les uns derrière les autres.
C’est à ce moment là que Renarde va arriver en pétant la forme. Elle a eu la bonne idée de se verser une bouteille sur la tête et sur le maillot en bas à Chanéac et elle a pu monter avec la clim. Elle va faire une longue pause de 30s avant de repartir tête dans le guidon vers la descente![]()
.
Je continuerai encore un peu l’opération eau gazeuse avant de prendre un bain dans la fontaine avant de repartir. Je ne la reprendrai pas dans la descente ni dans le coup de cul avant St martial qui passe étonnement bien. Puis c’est la descente en faut plat vers St martial qui ne me parait pas si longue cette année.
Nouvelle opération Eau gazeuse et Saucisson à St Martin. C'est super cette année car il y a du saucisson à tous les ravitos
. Je verrai passer renarde, qui a du s’arrêter à Arcens juste avant, pour la dernière fois avant le camping.
Encore 60 à 70km avant la bière mais maintenant cela devrait aller car le plus dur est fait et au cas zou il suffit de se mettre en mode BRM pour revenir au bercail.
On va commencer par la montée sur St agrève pas vraiment dure mais longue et on ne sait jamais quel rythme y prendre.
La route est encore privatisée à cette heure ci et comme le gros de la troupe est passée on a la route pour nous tout seul donc je vais monter globlement à gauche là ou il y a le plus d'ombre. Mais à cette heure ci cela tape moins.
Ici de sera un verre d'eau pris à la volée.
Un petit arrêt eau gazause un peu plus loin au point d'eau puis arrêt au ravito de St agrève.
Je vais changer mon régime alimentaire attaquer le saucisson à l'ail pour la première fois de la journée.
Un seau d'eau sur la tête aux robinets et ca repars.
Dans la descente sur Rochepaule je vais me faire plaisir sur la route privatisée et j'enchaine vite fait la montée.
Pause saucisson au ravito mais sans abuser car il faut en laisser pourles suivants. par contre j'apprendrai plus tard que cricri ne s'arrêtera quasiment jamais aux ravitos. il aurait du me le dire avant comme ça j'aurais pu prendre sa part de saucisson
.
Nouvelle descente et on attaque le dernier col de la journée. 9km dont les plus pentus sont sur la première moitié et ensuite cela fini à 3% sur les derniers.
Je verrai en fait pas mal de monde sur ce col ou je rattrape pas mal de participants après le désert des sucs.
Il reste encore quelque orchestres pour nous motiver mais il n'y aura pas de photo.
Dernière pause eau gazeuse à lalouvesc sans s'attarder (y a plus de saucisson
) et maintenant cela va descendre pendant une vingtaine de km.
Au début sur les crètes c'est du faux plat descendant sur lequel il faut pédaler pour avancer et du coup je vais me mettre en mode contre la montre pour finir plus vite.
Passage au col du buisson et j'accélère encore dans la descente que je n'ai jamais fait aussi vite en y pédalant et relancçant tout le temps.
Certaines années n'étant plus assez frais je laissais faire la gravité pour rejoindre l'arrivée.
Je passerai la ligne 11h11 après l'avoir franchi le matin. Je n'ai pas le temps de vélo exact car le compteur indiquera 11h35 de velo mais en comptant l'aller retour au camping. Par contre c'est surement une de mes meilleures moyennes roulantes en maintenant le cardio assez haut assez longtemps. Mais si j'ai fait toutes ces pauses c'est que j'en avais besoin surtout les arrêts eau gazeuse.
En parlant de boisson avec des bulles après avoir rendu la puce je vais tomber sur Fredo qui est devant son annexe (c'est à dire le stand de bières) . Je pourrais lui dire bonjour et me voyant désydraté il me proposera une bière que je n'ai pas pu refuser.
Par contre le gobelet devait avoir des fuites car tout est parti d'un coup
.
Retour au camping pour la suite des festivités.
Je vais voir benny et son père en chemin qui ont fait le périple en 3j et qui s'aprètent à rentrer au camping où j'y retrouverai une partie de la bande qui va se reconstituer au fur et à mesure. Un grand bravo à tous les finisseurs de l'AVM dont supervalex, Baptiste, Gilles ainsi que les non finishers car il faut quand même s'y lancer.
Comme dans les albums d'Asterix tout cela se finira par un banquet mais sans barde à attacher.
Bilan
Parcours
Telemetrie

